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Ces traités ont une importance capitale pour l´histoire de l´Alsace et, par voie de conséquence, pour Colmar. Ils mettent fin à un conflit qui avait déchiré une partie de l´Europe depuis 1618. Ils consacrent la victoire des Suédois et des Français et l´ef facement de l´Empire.

Les traités en question sont au nombre de deux. L´un, conclu entre la Suède et l´Empire à Osnabrück, portait sur le statut religieux de l´Empire. Chaque confession devait récupérer les biens et les droits possédés au 1er janvier 1624, « année normative ». Les « réformés » devaient jouir de tous les droits accordés aux « luthériens » par la paix de religion de 1555.

Le second traité, conclu à Munster, était évidemment plus politique. Il permettait à la France, venue tardivement dans le conflit, de pousser quelques pions importants sur l´échiquier diplomatique. Selon les préliminaires de la paix du 13 septembre 1648, la France devait obtenir les possessions des Habsbourg en Alsace tandis que les villes impériales gardaient leur immédiateté d´Empire.

Deux ans plus tard, au moment de la signature des traités, le 24 octobre 1648, les choses n´avaient pas évolué. Malgré l´intense activité diplomatique et les efforts déployés, entre autres, par le Colmarien Balthasar Schneider. Le roi de France avait obtenu la propriété des terres habsbourgeoises en Alsace soit les quatre cinquièmes de la Haute Alsace. La maison d´Autriche avait cédé à la France le Sundgau, Brisach, les seigneuries autrichiennes avec Ensisheim et le landgraviat de Haute Alsace. Le landgraviat de Basse Alsace était aussi passé à la couronne de France. De même que le grand bailliage impérial, aux mains des Habsbourg depuis 1558. Or c´est du grand bailliage que dépendaient les quarante villages et les dix villes impériales de la Décapole !

La menace était donc réelle et les villes de la Décapole donnaient l´impression de pouvoir ainsi, par cette mesure, être séparées de l´Empire. Modèle d´ambiguïté diplomatique, le traité de Munster garantit parallèlement et paradoxalement « l´immédiateté d´Empire » aux seigneurs et villes d´Alsace comme sous les Habsbourg. La clause équivoque de l´ita tamen qui suivait montrait bien quelles étaient les limites de cette concession : « sans que par là les droits de souveraineté du roi soient en rien diminués. »

Le traité de Munster n´est qu´une étape d´un processus d´intégration qui verra l´Alsace devenir progressivement française. Ses contradictions laissaient, en attendant, la porte ouverte à toutes les interprétations. Elles laissaient aussi subsister pour Colmar et les villes de la Décapole le fragile espoir de rester villes d´Empire. La question d´Alsace était née…

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